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SCOTT Running Team 2026 : la relève frappe à la porte

Par Rédaction Altitude·19 avril 2026·5 min de lecture
SCOTT Running Team 2026 : la relève frappe à la porte

À Bergame, la marque suisse a dévoilé son équipe de trail et skyrunning 2026, un mélange assumé de cadres confirmés et de jeunes pousses issues du programme Future Pro.

Six noms, une philosophie. SCOTT Running a dévoilé sa roster 2026 et le message est limpide : on ne recrute pas pour briller sur un communiqué, on construit sur la durée. Dans un marché trail saturé de transferts spectaculaires, la marque helvétique assume une ligne à contre-courant.

L'équipe présentée mi-avril depuis Bergame, telle que détaillée par Corsa in Montagna, mêle quatre cadres — Mattia Tanara, Mattia Gianola, Daniela Rota, Roberta Jacquin — et deux arrivées fortes : Marcello Ugazio, recrue de l'année spécialiste du kilomètre vertical et Francesco Gianola, né en 2008, promu depuis le programme interne Future Pro. Le team manager italien Mario Poletti résume la feuille de route : « Nous ne construisons pas seulement une équipe, nous construisons un parcours. » Le positionnement est clair : skyrunning, vertical, course en montagne.

La fabrique interne comme argument stratégique

L'info la plus parlante de cette annonce n'est pas une signature clinquante. C'est le fait que deux des coureurs présents dans le roster élite 2026 viennent du Future Pro, le dispositif de formation maison de SCOTT Italia. Autrement dit, la marque fait remonter ses propres talents plutôt que d'aller piocher dans l'écurie d'à côté.

Le contraste est saisissant avec la tendance dominante de l'écosystème. Depuis trois ou quatre saisons, les grandes maisons du trail — on pense aux mouvements autour de Nike Trail, aux recompositions fréquentes chez HOKA ou Adidas Terrex — jouent la surenchère sur quelques têtes d'affiche. SCOTT choisit la voie inverse : un pipeline interne, des passages gradués, une validation par étapes. Dans l'industrie, c'est une forme de pari. Si Francesco Gianola ou un autre sortant du Future Pro perce au plus haut niveau, la marque tient un récit sportif infiniment plus fort qu'un transfert à six chiffres.

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Poletti, cité par Corsa in Montagna, assume la dimension éducative : « Nous voulons être une référence pour ces jeunes, dans les courses comme en dehors. » Formule à double tranchant. Soit elle tient et c'est un modèle. Soit elle reste slogan et l'équipe finira par se diluer dans le peloton du circuit transalpin.

Ugazio, la signature qui dit tout du créneau

Des six noms, Marcello Ugazio est celui qui attire immédiatement l'œil. Présenté par Corsa in Montagna comme l'une des meilleures références italiennes du kilomètre vertical, il rejoint SCOTT en tant que recrue phare de la saison. Et ce choix n'est pas anodin.

Le KV, c'est l'antithèse du trail mainstream. Une trentaine de minutes d'effort, 1 000 mètres de dénivelé positif à encaisser dans les jambes, un format où la VO2max et la tolérance à la douleur font loi. C'est aussi le terrain historique de SCOTT, né sur des pentes italiennes et suisses où la vitesse ascensionnelle prime sur l'endurance pure. En recrutant Ugazio, la marque n'élargit pas son spectre : elle densifie son créneau.

Stratégiquement, c'est cohérent. Quand la quasi-totalité des sponsors se ruent sur l'ultra-distance — UTMB, Western States, Hardrock comme vitrines absolues — SCOTT se positionne là où personne ne se bat à armes égales. Le skyrunning reste un marché de niche, mais c'est un marché où une marque peut encore imposer sa voix.

Les cadres, garantie sans éclat et sans faille

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Sur le papier, les confirmations sont moins spectaculaires. Mattia Tanara, intégré au Team SCOTT International, est décrit par Corsa in Montagna comme une des figures montantes du skyrunning italien, performant sur les parcours techniques et alpins les plus exigeants. Mattia Gianola, lui, incarne la constance : présent sur les classiques transalpines, régulier sur les formats techniques.

Côté féminin, Daniela Rota reste le pilier longue distance de l'équipe, avec ce statut de référence qui se construit par la durée plus que par les coups d'éclat. Roberta Jacquin, la Valdôtaine, apporte une signature technique — lecture du terrain, instinct de la pente — qui colle particulièrement aux terrains de jeu privilégiés de la marque.

Aucun de ces quatre profils ne provoque de frisson médiatique. Mais c'est précisément l'idée : une colonne vertébrale qui tient, des résultats récurrents, pas de saison blanche. Dans une équipe pro trail, c'est souvent ce qui fait la différence entre un projet qui dure et un projet qui s'effondre à la première contre-performance.

Ce que dit la gamme RC sur l'équipement en 2026

Le volet matériel mérite d'être lu avec la même grille. Pour 2026, Corsa in Montagna indique que les athlètes seront équipés de la gamme SCOTT RC Running — performance, légèreté, respirabilité — pour la compétition et de la nouvelle collection Kinabalu pour les volumes d'entraînement et les sorties longues.

Là encore, la segmentation est typée. Le RC, c'est l'arme de course sur terrain sec et technique, pensée pour la réactivité. Le Kinabalu, c'est la chaussure qui encaisse les blocs de 20 heures hebdomadaires, l'amorti et la durabilité. Ce couple produit dessine en creux le profil type du coureur SCOTT : volumes élevés en montagne, courses courtes à moyennes, verticalité marquée. On est loin de la plateforme ultra à énorme drop et semelle carbone qui domine le récit Western States ou UTMB.

Autrement dit, la cohérence entre le roster et le catalogue est totale. Pas de grand écart, pas de rattrapage tardif sur l'ultra-carbone. Une ligne, tenue.

Le vrai test arrive maintenant

Tout cela reste sur le papier. Une équipe pro se juge sur un circuit, des podiums, un cumul de points ITRA, une présence dans les Golden Trail Series ou les Skyrunner World Series selon le cap visé. Corsa in Montagna mentionne un programme ambitieux mêlant classiques du skyrunning italien et rendez-vous internationaux, sans détailler les dossards visés.

C'est là que la promesse de Poletti sera jaugée. Faire éclore Francesco Gianola à 18 ans sans le cramer, c'est un art. Capitaliser sur Ugazio pour décrocher un titre de KV international, c'est une autre partition. Maintenir Rota et Jacquin au sommet sur l'ultra alpin, encore une autre.

Le trail européen de 2026 n'offre aucune garantie. La concurrence s'est professionnalisée à toute vitesse : structures médicales, préparateurs physiques dédiés, analyses de puissance — le jeu est devenu plus scientifique en cinq ans qu'en vingt. Dans ce contexte, SCOTT mise sur un triptyque presque démodé : patience, identité, fidélité. Si le pari tient, la marque aura démontré qu'on peut encore construire sans racheter. Si le groupe s'étiole, on reviendra à la case signature-coup-de-com'. L'industrie regarde. Et, franchement, elle ferait bien d'espérer que ça marche.

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